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Le professeur Pierre ANDANSON

(29 juin 1938–1er novembre 2013)


Quand disparaît une personnalité comme Pierre ANDANSON, ceux qui l’ont suffisamment connu ont le désir  que soient saluées sa vie et son œuvre. Mais s’agissant de Pierre ANDANSON, sur quelle facette du personnage faut-il insister ? Sur l’admirable protecteur, à la fin de sa vie, de son épouse Marie-Thérèse ?  Sur le frère, sur le père, sur le grand-père de six petits-enfants ? Sur l’oncle,  soutien moral et précepteur de ses neveux, petits neveux, nièces et petites nièces ?  Sur le physicien,  sur le rassembleur puis le  directeur d’une Unité Associée au CNRS ? Sur le professeur enseignant ou sur le Directeur de l’IUT de l’Université d’Auvergne pour une période record de 17 ans ? Je ne saurais pas valablement parler du catholique qu’il était  mais je n’oublie pas l’humaniste discret, l’auvergnat fin, voire madré, qu’il fut. Les histoires de paysans auvergnats bernant un haut-fonctionnaire (énarque et parisien de préférence) le faisaient beaucoup rire, d’un rire d’identification, jubilatoire). Humoriste de  l’autodérision,  il pratiquait aussi  la critique subtile des travers de ses divers entourages (Pour avoir rétabli, dans un souci d’harmonisation de l’IUT avec les Facultés,  les grades (Professeur, Maître de Conférences, agrégés, etc.)  dans les Procès verbaux de jury, il me gratifia d’un carton sur lequel on pouvait lire : Maître Kanter…). Mais l’’humour chez Pierre ANDANSON venait en contrepoint d’une timidité apparente et en contraste avec le fait qu’il  fut souvent un dirigeant habile et très influent.

Muni  d’un diplôme d’Etudes supérieures, Pierre entame en 1962, à 24 ans, comme Assistant de Sciences Physiques, une carrière d’universitaire à la Faculté des Sciences de Clermont-Ferrand.  Cette année faste voit aussi la naissance de sa fille Pascale. Trois ans après, il est Maître –Assistant dans la même Faculté après que soit né, en 1963, Bruno.  En octobre 1968 – il intègre l’IUT de l’Université de Clermont, créé un an plus tôt. Tout y est à faire. Commence donc pour le jeune enseignant-chercheur une période très active de participation à la mise en place du département de Mesures Physiques : montage des travaux pratiques, achat des matériels, enseignements divers dans un spectre large qui englobe la Mécanique, la Physique Nucléaire, les Mesures Physiques, L’Electricité, l’Electrotechnique et la Thermodynamique.   Cette période est d’autant plus active que le jeune père prépare en même temps sa thèse de doctorat d’Etat qu’il soutiendra en 1972 sur l’« Etude de la diffusion multiple  des électrons de basse énergie dans des feuilles métalliques ». Les thèmes de cette thèse et des sujets connexes réunissent une brillante équipe, constituée  de Pierre ANDANSON, de B. CHEMINAT, J.ROCHE (prédécesseur de Pierre à la tête de l’IUT) et du professeur André LEFORT (qui deviendra plus tard directeur d’une Unité Associée CNRS pendant 16 ans dans les mêmes thématiques élargies à l’étude des Plasmas).  Ensemble, ce groupe prend dès 1973 l’initiative de créer, à l’occasion d’une restructuration de la recherche, une équipe nouvelle en Electrotechnique : l’Arc Electrique et ses applications industrielles. Les publications scientifiques  de ce groupe de quatre chercheurs s’échelonnent de 1976 à 1985 dans les plus prestigieuses revues : la Revue Générale d’Electricité, la Revue de Physique Appliquée, le Journal of  Physics D : Applied Physics, ou les Transactions de congrès IEEE (Institute of Electrical and Electronics Engineers).

Enseignant, chercheur, leader naturel, il n’est pas étonnant que  Pierre ait pris la tête du département de Mesures Physiques. Il le fit en 1978, après la séparation (1977) de l’Université de Clermont en Clermont 1 et Clermont 2, accédant deux ans plus tard  au grade de Professeur d’université.  Il terminera son mandat de Chef de département sans le renouveler puisqu’ il fut élu, en 1982, Directeur de l’IUT de Clermont. Il y fut réélu 3 fois et assuma la charge jusqu’en 1999.  (Cette situation exceptionnelle fut permise par des changements législatifs concernant l’enseignement supérieur.) 

Notons que,  élu directeur en 1982, Pierre ANDANSON promeut et prend en 1983 la tête d’une Unité de recherche Associée au CNRS (l’UA 828) pour cinq ans. Assurer deux telles missions  est exemplaire pour l’université française en général et pour les IUT en particulier : en effet, qui mieux qu’un chercheur actif travaillant avec l’industrie, qui mieux qu’un Responsable d’équipe de recherche peut diriger un IUT ? Un tel directeur entraîne les étudiants vers les formations innovantes et la poursuite d’études de haut niveau, pousse les universitaires de son  IUT vers la pratique de la recherche et les entreprises à se disputer ses diplômés. Le succès des Instituts Universitaires de Technologie est dû à des directeurs comme Pierre ANDANSON qui ont su, il y a plus de trente ans, comprendre l’indispensable triptyque Enseignement–recherche-entreprises. Pour pouvoir assurer durant ses mandats toutes les tâches – notamment en recherche – Pierre ANDANSON a su déléguer et faire coopérer des  enseignants rigoureux, des chercheurs actifs  et des entreprises. On trouve ainsi dans les activités de son groupe des coopérations suivies avec des entreprises comme Landis et Gyr de Montluçon. Aujourd’hui, les universitaires de tout bord ont redécouvert la nécessité de cette politique de formation.

Directeur d’un laboratoire de recherche, directeur d’un IUT de 1200 étudiants, Pierre ANDANSON, rassembleur et délégateur en recherche, eut le souci des individus comme du personnel.  Il s’entoura de responsables administratifs dignes de ses ambitions : mentionnons le rigoureux Jacques FONTANELLA, Jean-Michel HUSS, qui aida à l’émergence de l’IUP,  et Monique BEAL avec qui il entreprit la mise en place des deux sites d’Aurillac et du Puy-en-Velay, délocalisations  d’un IUT plus que jamais actif s’étendant sur toute l’Auvergne.  Aux activités mentionnées, Pierre ANDANSON ajouta en 1988 celle de chargé de mission rectoral pour l’élaboration d’une nouvelle filière d’ingénieur et de là devint l’adjoint du Directeur du Centre Associé au CNAM en Auvergne dont il finit par prendre la direction de 1991 à 2000. On pourrait continuer de décliner les initiatives d’une carrière bien remplie, notamment l’ouverture de six nouveaux départements ou le soutien sans faille à l’IUP naissant dirigé par le professeur Maurice CHENEVOY.   Avec Pierre, j’ai eu le plaisir de créer et défendre (d’une façon plus directe n’étant pas aussi diplomate que lui !) une équipe de recherche, le LAIC1 (Laboratoire d’Algorithmique et d’Informatique de Clermont 1) et de travailler à l’installation du département d’Imagerie Numérique au Puy-en-Velay qui fut et reste un succès. 

Pierre fut donc un fils de l’Auvergne qu’il a bien servie : il le fit en auvergnat opiniâtre qui  défend ses projets avec détermination mais sait utiliser avec finesse des contournements d’obstacle qu’il m’a parfois détaillés en souriant. Car il est vrai que la vie d’un IUT, son développement géographique et la diversification de ses formations n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Il m’a confié un jour qu’il appréciait au plus haut point sa position de directeur et qu’il s’y sentait très heureux. S’appuyant tantôt sur les collectivités locales, tantôt sur la tutelle ministérielle et bon négociateur au sein du monde universitaire, il a laissé à ses successeurs un IUT au potentiel impressionnant. A ce propos,  je dois confesser que Pierre était, avant mon élection à la direction de l’IUT pour prendre sa suite, plutôt défavorable à ma candidature. Nous en parlions franchement et il me conseillait de continuer à me consacrer au LAIC1. (Je crois (ou j’espère ?),  Pierre,  t’avoir fait changer d’avis !)

Me faisant le porte-parole de tous ceux qui veulent l’honorer, je salue sa mémoire et  le remercie très profondément, ici et devant ses proches, pour tout ce qu’il a fait, au nom de  l’IUT pris au sens large : ses étudiants, ses enseignants, ses chercheurs et les entreprises qui le soutiennent.


Adieu, Pierre ANDANSON.


Denis RICHARD, Professeur émérite à l’Université d’Auvergne, Ancien Directeur de l’IUT de l’UdA (1999-2009). 

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